Le Mâcon-Bussières rouge Coline est la cuvée d'entrée en matière dans les rouges du Domaine de la Sarazinière, première marche avant la cuvée de prestige Les Devants, issue des vignes centenaires. Elle prend racine sur les sols argilo-calcaires alcalins de Bussières, terroir qui distingue nettement ce secteur du Mâconnais des profils plus souples obtenus à quelques dizaines de kilomètres sur les granites du Beaujolais : ici, le calcaire impose une structure minérale propre à ce coin de Bourgogne du sud. Pour son encépagement, le Domaine de la Sarazinière a fait le choix exclusif du Gamay. Philippe et Guillaume Trébignaud défendent ce choix à contre-courant dans une appellation davantage connue pour ses blancs, et dans une région réputée pour ses Pinots Noirs. Certifié en agriculture biologique, le domaine conduit ses vignes sans intrants, avec un travail régulier des sols et des vendanges exclusivement manuelles à maturité optimale. En cave, la philosophie est identique : levures indigènes, vinification bourguignonne classique avec égrappage total, sans soufre ni collage. La cuvée Coline est ensuite élevée en cuve inox 12 à 18 mois — contrairement à sa jumelle Les Devants, qui passe en fûts — afin de préserver la franchise du fruit et l'expression directe du terroir.
Philippe Mischler, sommelier chez Mundovin : Le Gamay à jus blanc est souvent le grand oublié du Mâconnais. Philippe et Guillaume Trébignaud font partie de ceux qui s'obstinent à le défendre, et ils ont bien raison. Le terroir de Bussières lui offre un profil tout à fait différent du Beaujolais : plus de chair, une vraie trame minérale, et une matière pulpeuse à souhait. La cuvée Coline en est l'expression la plus directe, avec son fruité franc et sans artifices. Un vin honnête dans le meilleur sens du terme, qui donne simplement envie de se resservir à peine le verre vide !
Au nez, ce Mâcon-Bussières rouge Coline s'ouvre sur un bouquet vif et engageant où dominent les petits fruits rouges cueillis à maturité : fraise et groseilles fraîches, cerise acidulée... Des notes florales d'églantine et d'hibiscus viennent ponctuer l'ensemble avec légèreté, tandis qu'un fond minéral rappelle discrètement l'empreinte calcaire du terroir de Bussières.
En bouche, l'attaque est franche et juteuse. Une acidité fraîche structure le fruité généreux en lui conférant l'allant nécessaire pour ne pas alourdir le vin. Les tanins fins et bien intégrés structurent la matière généreuse, qui revient en finale sur la cerise et la groseille, avec une légère trame minérale qui intrigue en arrière-plan.